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Que faire si un collègue est suicidaire

By Homewood Santé - le 5 septembre 2017
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Vous pourriez apprendre qu’un collègue est suicidaire de l’une des façons suivantes : 1) il vous le dit sans détour; 2) vous observez chez lui des signes de détresse psychologique ou des signes avant-coureurs de tendances au suicide; 3) il est en état de crise grave et menace de se suicider incessamment. Chacune de ces situations demande d’être traitée d’une façon particulière.

Si votre collègue vous en parle directement

Si un collègue vous dit avoir des pensées suicidaires ou envisager le suicide, la meilleure chose à faire est de lui dire qu’il se sent probablement dépassé, impuissant, et qu’il désespère de trouver une solution à ses problèmes. Il esttrès important d’éviter de ridiculiser cette personne, de la culpabiliser ou d’essayer de la raisonner. Sa douleur et sa détresse doivent être reconnues; la seule façon de soulager une partie de sa souffrance et de la convaincre d’accepter de l’aide consiste à faire en sorte qu’elle se sente comprise. Il est important de lui dire également quevous comprenez sa détresse et le fait qu’elle considère en ce moment même le suicide comme la seule solution à ses problèmes. Vous devez ensuite lui dire fermement qu’elle a besoin d’aide et l’encourager à obtenir celle-ci. Assurez-vous qu’elle consulte immédiatement un conseiller du Programme d’aide de votre lieu de travail. 

Dites-lui d’appeler le Programme d’aide immédiatement, en votre présence ou, si vous devez être encore plus direct, composez vous-même le numéro du Programme d’aide, demandez à parler à un conseiller, et passez-lui le combiné. Si, malgré vos encouragements, votre collègue refuse de téléphoner ou décline votre assistance, ou s’il vous dit qu’il va se suicider très bientôt et qu’il résiste à vos tentatives de lui procurer de l’aide, vous devez communiquer immédiatement avec le Programme d’aide afin d’obtenir les conseils d’un spécialiste.

Si vous remarquez des signes de détresse émotionnelle

Il se peut que vous soupçonniez qu’un collègue est suicidaire parce qu’il n’est manifestement plus la même personne. Les signes les plus courants de détresse émotionnelle sont les suivants :

  • Il se replie sur lui-même ou, au contraire, est beaucoup plus sociable que d’habitude.
  • Il parle beaucoup plus (ou beaucoup moins) que d’habitude, notamment de sa situation difficile et des conséquences qu’elle a sur lui-même ou sur ses proches.
  • Il vit une situation difficile, mais semble « au-dessus de tout », comme s’il avait perdu contact avec la réalité.
  • Il semble accablé de tristesse (il rumine, pleure, semble « ailleurs ») ou profondément désespéré.
  • Il se plaint beaucoup plus que d’habitude.
  • Il a l’air hébété, semble perdu.
  • Il est plus irritable que d’habitude.
  • Il réagit plus agressivement que d’habitude, sans raison apparente ou hors de proportion avec les circonstances.
  • Il parle souvent de la difficulté de sa situation, avoue qu’il ne voit pas comment il pourrait l’améliorer ou vous dit qu’elle est sans issue.

    Un de vos collègues présente des signes avant-coureurs de tendances suicidaires, lorsqu’il...
  • insinue directement ou indirectement qu’il a trouvé la solution à ses problèmes, que bientôt toutes ses difficultés seront résolues, qu’il n’importunera plus qui que ce soit et que les problèmes d’autres personnes seront réglés sous peu.
  • parle directement ou indirectement de ses pensées suicidaires (il peut même aller jusqu’à décrire comment il s’y prendra, quand il passera à l’acte, etc.).
  • se sent soudain plus heureux et insouciant, après avoir connu une période de profond désespoir.
  • est soudainement extrêmement généreux avec tous, rembourse ses dettes (petites ou grosses) et distribue ses biens (y compris des objets de grande valeur) à ses amis ou collègues.
  • Si vous remarquez l’un ou l’autre de ces signes, essayez d’inciter votre collègue à se confier en engageant la conversation avec lui, pour lui parler ouvertement des indices que vous avez observés et lui demander s’il y a quelque chose que vous pourriez faire pour l’aider.

S’il se confie à vous, employez les stratégies décrites dans le premier scénario ci-dessus. S’il refuse de s’ouvrir à vous, soulevez sans détour le sujet du suicide en lui faisant part de vos observations. Dites-lui que vous vous faites du souci à son sujet et que s’il se sent suicidaire, il peut obtenir de l’aide. Rappelez-lui l’existence du Programme d’aide, et encouragez-le à s’en prévaloir. Encouragez-le à revenir vous voir pour vous parler de sa situation s’il en ressent le besoin, mais assurez-vous qu’il ne se serve pas de vous comme d’une bouée de sauvetage. Continuez d’observer de près son comportement, et intervenez de nouveau si la situation ne s’améliore pas ou si elle empire.

Si vous soupçonnez qu’un collègue s’apprête à se suicider

Autre scénario possible (quoique rare) : un collègue s’apprête, devant vous, à commettre l’irréparable. Il a à sa portée le moyen qu’il a choisi pour se suicider, ou il menace de se suicider immédiatement (p. ex. il a une arme en main, il se tient près d’un panneau électrique avec l’intention de s’électrocuter, menace de sauter d’une plateforme ou du toit d’un édifice, ou vous appelle depuis sa voiture ou de chez lui pour vous dire qu’il a avalé un poison ou qu’il s’apprête à commettre un geste irréversible). La seule chose que vous puissiez faire dans ces situations est de parler à votre collègue : lui dire que vous comprenez l’intensité de sa peine et le faire parler de sa souffrance, de sa détresse et de ses problèmes. Si cela est possible, demandez à d’autres collègues de vous aider. Composez le 911 (s’il est en service dans votre région) ou appelez la police, expliquez la situation et demandez une aide d’urgence. Si vous ne pouvez pas téléphoner vous-même, demandez à quelqu’un de le faire pour vous immédiatement.

Si vous êtes à proximité de la personne suicidaire, gardez une bonne distance entre lui et vous. S’il est armé, ne l’approchez pas à moins qu’il pose son arme, s’en éloigne suffisamment et vous donne la permission de vous approcher de lui. Ne tentez jamais de retenir une personne qui menace de sauter dans le vide ou de se tuer de manière violente, car vous risqueriez de vous blesser gravement ou même d’y trouver la mort. Lorsque les secours arrivent, laissez ces gens prendre la situation en main. Si vous êtes la personne à qui le collègue suicidaire était en train de parler, ne quittez pas la scène avant qu’on vous le demande (il se peut qu’il veuille continuer de vous parler parce qu’il a confiance en vous). Après un incident de ce genre, communiquez avec votre Programme d’aide afin de parler à un conseiller. Ce dernier pourra vous aider à exprimer vos émotions et à trouver un sens à votre expérience et à vos réactions.

Si vous soupçonnez des tendances suicidaires chez un collègue ou s’il vous a dit lui-même directement ou indirectement qu’il envisage le suicide, nous vous recommandons fortement d’appeler l’un des conseillers spécialisés de votre Programme d’aide pour lui demander des conseils sur la meilleure façon d’aider ce collègue.