Lorsque nous regardons les athlètes olympiques concourir, l’accent est souvent mis sur leur maîtrise physique – la vitesse, la précision, le moment de triomphe sur le podium. Ce qui est moins visible, c’est l’entraînement mental qui sous-tend chaque performance. Le Canadien Mikaël Kingsbury, le skieur sur bosses le plus médaillé de l’histoire, a parlé ouvertement des pressions, des revers et des stratégies qui ont façonné son succès. Son expérience illustre une vérité importante : les problèmes de santé mentale auxquels sont confronté·e·s les athlètes de haut niveau ne se limitent pas au sport; ils reflètent les difficultés que nous rencontrons tou·te·s dans notre vie quotidienne.
Le poids des attentes
Avant les Jeux d’hiver de 2018, Mikaël avait dominé son sport. Le discours des médias et des supporters était clair : tout autre résultat qu’une médaille d’or serait un échec. Il a trouvé le poids de ces attentes écrasant jusqu’à ce qu’il change sa façon de parler de la performance. Au lieu de tout assumer seul, il est passé du « je » au « nous », reconnaissant le soutien des entraîneurs, des formateurs et de la famille.
Ce petit changement a eu un effet profond. Cela lui a rappelé qu’il n’était pas seul à porter le fardeau et a réparti la pression sur toute une équipe. Pour bien des gens en dehors du sport, le contexte peut être différent – délais de réalisation d’un projet, pressions financières, responsabilités d’aidant·e – mais la leçon reste la même. Reconnaître qu’on ne réussit pas seul·e et permettre aux autres de partager le fardeau est meilleur pour la santé mentale.
La guérison par de petites victoires
En 2020, Mikaël s’est cassé deux vertèbres dans le dos. Isolé par les restrictions imposées par la pandémie, il a dû faire face à la possibilité que sa carrière soit terminée. Ce n’est pas une percée unique qui lui a permis de s’en sortir, mais la discipline de se fixer et d’atteindre de petits objectifs quotidiens. Pendant huit semaines, ces étapes progressives lui ont redonné de la force, de la confiance et, en fin de compte, des performances – et l’ont ramené sur les pentes.
Le même principe s’applique à la santé mentale personnelle. Qu’il s’agisse d’épuisement professionnel, de deuil ou d’anxiété, les progrès sont rarement le fruit de solutions radicales. Ils viennent d’étapes faciles à gérer : créer une routine, célébrer les petites réussites et continuer à aller de l’avant. En ce qui concerne la guérison, la constance est souvent plus importante que la rapidité.
Redéfinir les notions de victoire et de défaite
Avec 100 victoires en Coupe du monde, Mikaël connaît le succès de manière intime. Pourtant, il souligne que sa relation avec la victoire et la défaite a mûri. Au début de sa carrière, la déception pouvait prendre le dessus. Aujourd’hui, il considère à la fois les victoires et les défaites comme des occasions d’apprendre, de progresser et de se préparer à ce qui vient ensuite.
Au travail, dans les familles et dans les communautés, adopter un état d’esprit similaire peut être source de transformation. Au lieu de laisser les revers définir notre valeur, nous pouvons les considérer comme des points de données – des occasions de perfectionner nos approches et de renforcer notre résilience. Les victoires n’ont pas besoin d’être monumentales pour être significatives. De petits résultats positifs peuvent appuyer les progrès.
Les combats silencieux
Certaines des réflexions les plus personnelles de Mikaël mettent en évidence des pressions qui vont bien au-delà de la compétition. En tant que jeune papa, il a décrit le conflit que représente le fait de laisser son fils pendant des semaines de voyage en se demandant s’il avait fait le bon choix. Dans ces moments-là, sa stratégie consistait à visualiser le visage de son fils avant une course, ce qui lui permettait de s’ancrer et de changer de perspective.
Cela nous rappelle que de nombreux problèmes de santé mentale sont invisibles, souvent liés à l’identité, à la famille ou à l’estime de soi. Des outils tels que la visualisation, la pleine conscience ou le simple fait de s’ancrer sur ce qui compte le plus peuvent aider à rester stable en période de stress.
La puissance du coaching mental
La partie la plus révélatrice du parcours de Mikaël est peut-être son hésitation initiale à travailler avec un coach en performance mentale. Avant, il voyait la recherche de soutien comme un signe de faiblesse, mais l’expérience a prouvé le contraire. En entraînant son esprit aussi délibérément que son corps, il a trouvé des stratégies – comme la visualisation et le recadrage – qui l’ont fait passer du statut de médaillé d’argent à celui de champion olympique.
Ce changement reflète un message plus large : le soutien en santé mentale n’est pas une mesure corrective, mais une mesure de développement. Tout comme les athlètes s’entraînent pour rester forts et prévenir les blessures, les personnes et les organisations peuvent investir dans des stratégies de santé mentale de manière proactive. Les systèmes de soutien, le coaching et la thérapie ne sont pas des solutions de dernier recours; ce sont des outils essentiels à la croissance.
Protéger l’espace mental
À l’ère numérique, les athlètes et les non-sportifs sont confrontés au bruit constant des opinions extérieures. Mikaël a choisi de prendre du recul et de ne pas lire les commentaires en ligne, gardant son énergie pour ce qu’il peut contrôler. Il s’agit d’une forme simple, mais puissante, d’établissement de limites.
Pour les organisations, cette constatation souligne l’importance d’aider les employé·e·s et les communautés à protéger leur espace mental, que ce soit par des pratiques numériques plus saines, des limites claires au travail ou des politiques qui donnent la priorité au bien-être.
Leçons au-delà du sport
L’histoire de Mikaël nous rappelle que la haute performance, dans le sport ou dans la vie, n’est pas seulement physique – elle est aussi profondément mentale. Les principes qui guident son succès sur les pentes peuvent s’appliquer directement aux défis de la vie quotidienne :
- Partager le fardeau des attentes plutôt que de le porter seul·e.
- Poursuivre la guérison par de petites étapes cohérentes.
- Voir les échecs comme des occasions d’apprendre.
- Rester ancré·e sur ce qui compte le plus.
- Investir dans le soutien en santé mentale comme une force et non comme une faiblesse.
- Protéger son espace mental en se concentrant sur ce qu’on peut contrôler.
Ces leçons n’appartiennent pas seulement aux athlètes, mais à chacun·e d’entre nous. Les pressions liées à la santé mentale font partie de l’être humain, tout comme la capacité à les gérer grâce au soutien, à des stratégies et à la résilience.
Pour en savoir plus sur le soutien disponible dans votre parcours de santé mentale, notre équipe est là pour vous aider.
